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 08- Bureau 106, Musée du Louvre (Paris)

 
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Mar 2 Fév - 18:40

08- Bureau 106, Musée du Louvre (Paris) Minist10

Un bureau d'apparat au milieu de l'aile publique du Musée du Louvre.



Dernière édition par Le Créateur le Sam 7 Avr - 21:17, édité 1 fois
 
 
Randir Singh

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Mer 17 Fév - 13:01

Encore sonné par la scène à laquelle il venait de participer, Randir pénétra dans le bureau 106 sans prendre la peine de frapper. Il découvrit une pièce spacieuse vide de toute âme. D'abord rassuré par l'absence de témoins de son impolitesse, il s'inquiéta que cela ne soit la cause de son retard. Il referma la grande porte derrière lui et alla s'asseoir sur l'un des deux fauteuils blancs faisant face à un bureau conséquent  en contreplaqué. L'aspect bon marché du meuble contrastait avec les autres éléments de la pièce: de grandes vitres impeccables habillées de rideaux brodés, les murs tapissés de dorures, le parquet reluisant malgré la faible lumière offerte par un soleil caché derrière les nuages...

*Bon, dix minutes et je retournerai voir le vieux s'il faut...*

Après quelques secondes qui lui parurent une éternité, Randir sortit la lettre de sa poche et relut le court message qui lui était adressé en l'effleurant de son pouce. Il dû se contenir pour ne pas ouvrir l'enveloppe.

*Ce n'est pas le moment, Randir.*

Son impatience le fît se lever. Il rangea le message dans sa poche et se mit à faire les cent pas dans le bureau.


Dernière édition par Randir Singh le Lun 29 Fév - 18:25, édité 1 fois
 
 
Séverin Libert

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Jeu 25 Fév - 22:19

Je prends un peu de temps dans le métro, histoire de me repérer et surtout de ne pas rater une correspondance ou une station. Même si j'ai un sens de l'orientation totalement infaillible, ça n'empêche pas le fait qu'un petit coup d'oeil sur un plan à l'avance permet de m'assurer contre une possible étourderie. Après avoir évité de rôtir vif et une nuit blanche, manquerait plus que j'arrive en retard à mon fameux rendez-vous. Une fois le trajet bien en tête, c’est parti. J’en profite pour, de une, m’inspecter dans la vitre d’une rame histoire de vérifier que je présente pas trop mal malgré mes récentes péripéties, ça a l'air d'aller, pas pire que ce matin dans la glace du café en tout cas; et de l’autre de mater un peu les (nombreuses) jeunes et jolies filles qui se trouvent aux alentours. Nettement plus nombreuses et l’air nettement moins coincées que dans mon « bled » (quoique, parler de bled pour une ville de la taille de celle de Lausanne, c’est déjà faire preuve de mauvaise foi. Sauf si on habite une vraie ville comme Paris dont le nombre d’habitant est de pas loin de 20 fois plus nombreux. Mais bref, je m’égare). Je m’occupe donc comme je peux pendant le trajet en métro, sans oublier de garder à l’œil mon sac de voyage que je me suis retrouvé obligé à embarquer avec moi, pas le temps de trouver un casier quelconque quelque part pour l’y laisser, tant pis. Et la dernière des choses dont j’ai envie, c’est qu’on me fauche mes affaires. Ca va, si cette journée pouvait être normale je dis pas non. Mais tout se passe bien. Les filles, le trajet, et me voilà place du Louvre, frais comme un gardon, la vie en rose et tout le toutim. J’ai une mémoire fantastique qui me permet d’éluder rapidement ce qui m’ennuie, dont les dernières heures. Je case donc tout ça dans un coin éloigné de mon esprit et me prépare à la suite. Motivé, motivé !

Ok. Les bâtiments du Louvre, c’est loin d’être petit. Je perds toute mon avance à trouver un accès ressemblant à une zone administrative et en demandant à bon nombres de gens incapables de me renseigner et à un nombre bien plus retreints capable, eux, de me renseigner. C’est donc relativement agacé et l’œil sur ma montre que je fini par me retrouver dans un couloir dont la seule taille fais plus allée de palais que bâtiment de bureaux, avec une déco qui ferait pâlir pas mal de richetons de la côte (nb : je parle là de la Riviera, vous savez, la zone pour riche qui s’emmerdent le long du lac Léman, celui qui borde Lausanne, côté Montreux. Mais si, vous savez, la statue de Freddy Mercury, bah c’est là). Pendant que je reprends mon souffle face à une porte clinquante frappée d'une plaque où se découpe le chiffre "106", j’en profite donc pour observer la fameuse déco hypra classique, très franco-kitsch. C’est un style. J’essaie de m’imaginer la tête de la personne des RH que je vais rencontrer. Blonde ? Brune ? Rousse ? Dernier ajustement de col de chemise, sac en main gauche, je regarde à gauche, à droite, c’est vraiment pas la foule. Bon, prêt pour le grand plongeon. Je frappe à la porte, deux coups assez forts pour être sûr et certain que même si la personne était sourde, elle m’entendrait. Et j’attends, tranquille, le grand vide de l’attente dans mon esprit.
 
 
Randir Singh

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Sam 27 Fév - 15:55

Randir s'était rapproché de l'une des immenses fenêtres du bureau. De là il jouissait d'une vue imprenable sur la jardin du carrousel. Son regard se posa sur un couple d'Indiens. Ils ne dérogeaient pas aux clichés, lui en baskets malgré le pantalon de costume et elle saucissonnée dans un magnifique sari bleu. L'homme prenait en photo son épouse assise sur l'herbe entre deux haies basses. Le père faisait de grands gestes, gêné par un jeune garçon qui ne tenait pas en place et courait autour de sa mère. Cette scène entrait en résonance avec la rencontre qu'avait faite Randir quelques minutes auparavant et ne manqua pas de l'emplir d'une certaine nostalgie. Il se revoyait à la place du garçon dans le parc Borély à Marseille. Il réalisa subitement que la lettre qu'il avait placé machinalement dans sa poche était d'une inestimable valeur: l'occasion inédite de recevoir un message de sa propre mère depuis l'au-delà.

On frappa à la porte. Le responsable des tournages du musée sortit aussitôt de ses rêveries et se surprit à se frotter les yeux d'où quelques larmes chaudes étaient sur le point de jaillir.
Il chercha son reflet sur la vitre, le trouva, ajusta cheveux et moustache avant de souffler un grand coup.

Lorsqu'il ouvrit la porte, il découvrit un jeune homme à l'allure qu'il jugea immédiatement négligée: cheveux mi-longs tombants sur le visage, barbe de quelques jours, sac à dos... le parfait routard.

Mais Randir cessa rapidement de l'observer et pencha son buste hors du bureau, inquiet. Il inspecta rapidement le couloir, à droite, puis à gauche. Rien. Pas de fumée, pas de personnes affolées, le calme plat.

*De toute manière les alarmes ce seraient déclenchées...*

Il comprit l'origine de sa méprise. L'odeur de brûlé émanait du visiteur!

Randir reprit sa place dans l'encadrement de la porte et dévisagea le garçon en face de lui.


- Monsieur, lui adressa-t-il en guise de salutation. Puis-je vous aider?

Sa proposition était franche, il serait ravi de venir en aide à cette âme qui ne pouvait être qu'égarée. Et s'il demandait le chemin de la sortie, ce serait là un joli bonus.
 
 
Séverin Libert

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Jeu 3 Mar - 0:04

J’attendais à la porte en sifflotant mentalement, une curiosité mêlée d’une douce pointe d’anxiété se mêlant pour me rendre vraiment impatient. Je retombais dans un ordre normal des choses. Entretien, blabla, oui ou non. Là j’étais dans mon domaine. La porte émis le clac significatif de la poignée qui l’ouvre. A la bonne heure ! J’ai failli attendre !
La première impression est souvent la bonne. En l’occurrence, j’étais déçu mais me gardais bien de le laisser voir. C’était raté, ni blonde, ni brune, ni rousse. Noiraud. Vraiment pas mon genre. Trop de moustache, probablement. L’idée que j’étais peut-être tombé face au mauvais mec chargé, un type de l'entretien, de la déco, ou quoique ce soit d'autre qu'une personne des RH, malgré son allure de bureaucrate, me traversa l’esprit, surtout avec sa manière inquiète de regarder dans le couloir, pourquoi donc ? Il attendait autre chose ? Son chef ? Il devait pas être là ? Ca en avait quelque chose de comique et mon envie de rire se limita à un demi-sourire sceptique et un haussement de sourcil perplexe.  Et cette manière qu’il avait eu de me m’étudier en une demi-seconde comme on pose le regard sur un truc sale. Bah quoi ? J’avais une chemise propre et l'odeur aurais dû se dissiper, j'imaginais, en tout cas moi je sentais plus grand chose, j’avais pourtant réussi à corriger mon rasage en mode vite fait bien fait et quasiment à me coiffer dans les wc du café, j’avais dû rater les finitions, pour sûr. Ok, c’était le sac. Ca jurait avec le reste, forcément. Bref, au vu de l’interlocuteur, j’étais soudain nettement moins motivé. Enfin, il parut réaliser que, oui, j’étais seul et bel et bien sur le pas de porte. Je me composais mon air le plus sérieux possible au vu des circonstances. Sourire de jeune premier à la remise de diplômes, et je me lançais.


- Bonjour, Séverin Libert, j’ai rendez-vous bureau 106 pour un entretien à …

Regard rapide sur ma montre, mouvement ostensible du poignet tout en laissant habilement la lanière du sac sur l’épaule sans broncher, je laisse retomber mon bras et refais face à monsieur moustache.

- … pile maintenant. Vous êtes .. ?

Je restais stoïquement sur ma question sans en rajouter. Il avait l’avantage : j’ignorais toujours si c’était mon rendez-vous ou un simple quidam pas à sa place. Une petite voix intérieure espérait vivement que ce soit une erreur de casting et qu’il m’introduirait vers la bonne personne.
 
 
Randir Singh

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Dim 6 Mar - 18:12

*Un entretien?... Un entretien?!*

Randir n'eut pas besoin de demander plus de précisions au jeune homme en face de lui.  Il était évident que cela s'agissait d'un entretien d'embauche. Le conservateur étant occupé, il avait chargé Randir d'une tâche que lui même "[n'avait] pas le temps d'accomplir". Le responsable des tournages n'avait pas eu à passer par la case "bureau 106" mais il lui revint que c'est à ce numéro qu'avaient été reçus les deux entreprises retenues concernant l'appel d'offre au sujet des effets spéciaux pour la série télévisée qui était en train de se tourner en ce moment même dans le musée.

L'employé/chercheur n'avait pas la fibre d'un responsable d'équipe, ça crevait les yeux. Il avait toujours respecté la hiérarchie sans avoir à s'y confronter trop souvent puisque n'ayant jusque là occupé que des postes suffisamment techniques et spécifiques pour qu'il soit le seul à pouvoir juger de son propre travail. Cela et son assiduité constante l'avaient ainsi épargnés des rapports de pouvoirs et d'égaux au sein d'une entreprise.

Il invita le campeur à entrer.

Le seul point positif qui lui apparu était que l'ancêtre devait avoir pour lui une confiance certaine pour lui offrir cette mission.


*Quel cadeau!*

Alors que le jeune pénétrait dans le bureau, Randir songeait à deux scénarios.

Dans le premier, il s'excusait auprès de son hôte en le faisant patienter quelques minutes tandis que lui courait demander quelques explications au boss. Il était temps de découvrir la joie des frictions avec la hiérarchie.

Il désigna au jeune un siège en face du bureau Ikéa, tandis que lui hésitait, poignée de porte en main.

Dans le second script, il jouait un drôle de tour au chef: recruter le vagabond. Et si en plus de cela il pouvait tirer profit de cette embauche? Cette idée lui plu. Ce serait bien la première fois que Randir jouerait ainsi avec le feu. Mais qu'avait-il à perdre? Ce job? A la bonne heure!


- Je vous en prie, asseyez-vous, dit-il accompagné d'un sourire au candidat.

Lui même alla s’asseoir en face.

- Veuillez excuser mon attitude qui a pu vous paraître surprenante monsieur Libert. Je dois bien avouer que le vol du Rosetti nous a tous mis en émoi aujourd'hui. Ajouter à cela le nombre de candidats que j'ai déjà reçu pour ce poste dans la matinée... Mais rassurez-vous, après-vous j'irai enfin me restaurer et cela m'emplit de joie.

Rien ne semblait manquer à la composition de son rôle: attitude, faciès, vocabulaire. Il lui suffisait de faire la somme de ce qu'il manquait aux acteurs de "L'Histoire, wesh t'as-vu?!"

- J'en oublie même les bonnes manières, je suis Bernard Clément, oui je sais cela surprend à chaque fois!

Un rire léger suivit d'un large sourire en regardant Séverin droit dans les yeux. Puis son regard se porta sur chemise en carton qui était posée sur le bureau. Il l'ouvrit et se mit à la parcourir. Il embraya, tout en cherchant le CV.

- Je suis donc le conservateur rattaché aux monuments historiques.

La chemise comportait les storyboards de la maudite série, laissée là par les intermittents. *Ils arrivent encore à me surprendre ces imbéciles...* Le comédien qu'on aurait dit tout droit sortit de l'"actor studio" ne laissa rien transparaître.

- Ah voici! Hum... Ah oui vous c'était ça... Très bien...

Il referma la chemise.

- Bon sur le papier votre profil correspond parfaitement. Mais si je fais venir de nombreux candidats c'est pour entendre leurs motivations de vive voix. Je vous en prie.
 
 
Séverin Libert

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Jeu 31 Mar - 22:55

Suivant l’invitation du moustachu, je m’installais dans le siège qu’il me présenta, plus design que confort,  laissant choir mon sac au pied du bureau, juste ce qu’il fallait à l’aise pour garder les idées claires, et j’écoutais donc son entrée en matière. Ensuite de quoi, me redressant du fond du dossier, je m’apprêtais à le convaincre que j’étais le type qu’il lui fallait, même si ça n’aurait été que pour vendre des gadgets sur la plage.

- Et bien, comme vous le savez, je suis ici pour un poste de remplacement, donc à priori un laps de temps limité, ce qui pourrait être en ma défaveur. Vous pourriez penser que je ne vais pas m’impliquer, que cela va être vu comme des vacances, d’autant plus au vu du fabuleux environnement qu’est ce musée ! Laissez-moi vous détromper.

Je me penchais légèrement vers mon vis-à-vis, en position de confidence.


- Mon CV vous l’aura clairement indiqué, je corresponds parfaitement au poste. J’ai de l’expérience dans mon domaine, une excellente formation dans un des meilleurs établissements du genre, reconnu dans toute la Suisse et à l’extérieur du pays.

Ce qui était à moitié vrai, j’ignorais si la bibliothèque de Lausanne était seulement connue en dehors du pays… Mais ça n’avait pas d’importance, il fallait juste en jeter plein la vue. C’est ce qu’ils veulent, les recruteurs. Du bagout avait plus d’intérêt qu’un CV béton, de nos jours. Je continuais donc sur ma lancée.

- Je parle couramment trois langues, je suis indépendant et responsable, chacun de mes référents vous le dira volontiers. Je pourrais rechercher un poste stable et définitif, que je trouverais d’ailleurs facilement.

Encore une demi-vérité. Trouver un poste stable à mon âge relevait de la légende. Trouver un poste tout court aurait été bien plus facile, mais de loin pas définitif, et encore moins à plein temps.

- Mais !

Je me redressais quelque peu, fixant monsieur moustache dans les yeux, ce qui n’avait rien d’aisé vu que son appendice fourni avait tendance à détourner le regard.

- Pour être franc avec vous, j’ai 24 ans, je viens de rentrer d’un parcours à travers 4 continents pour découvrir d’autres cultures et m’ouvrir à d’autres horizons. Je ne vais pas me contenter d’un bête poste basique et standard. Ce que vous m’offrez là, dans ce magnifique environnement, est pour moi une opportunité, que dis-je, une chance, pour parfaire mon parcours de vie d’une expérience unique ! Même pour quelques semaines, quelques mois, je vous le dis, vous ne trouverez pas mieux que moi !

Ok, la modestie n’avais jamais été mon fort. Mais là j’étais particulièrement motivé, en plus après la courte nuit que j’avais vécue, je me sentais avoir des ailes. Ca allait le faire, j’en étais certains ! Oh, bien sûr, j’aurais pu partir dans les détails, mais à quoi bon ? Après tout, il savait parfaitement à quoi s’attendre. Il cherchait un aide-bibliothécaire ? Il en avait un sous les yeux, je n’allais pas le lui rappeler à tout bout de champs !
 
 
Randir Singh

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Mar 5 Avr - 17:44

*Il mord! Il mord à l'hameçon l'Hairy Fish!*

Le jeune tenait un discours d'une prétention rare mais Randir n'y prêtait pas attention. Plus tard il réaliserait qu'il n'avait pas souvenir de s'être autant amusé depuis la courte période des blagues téléphoniques adressées au numéros verts dans son enfance en compagnie d'Emilie.

Il s'agissait de rester dans son rôle. Il n'avait pas de mal à garder accroché un large sourire qu'il agrémentait de hochements de têtes, les yeux grand ouverts. En revanche il cessa bien vite d'écouter le candidat, tentant d'anticiper la suite, quand la parole lui serait rendue.

Le flot de paroles assurées continuait et Randir pensa à un coup de poker. Il n'était pas sûr d'avoir toutes les cartes en main mais l'assurance dont le néo-beatnik disposait lui serait peut être un atout. Ajouté à cela son joli minois, les femmes jeunes et moins jeunes du bureau RH n'iraient pas lui mettre de bâtons dans les roues et répondraient à sa demande.

Le recruteur en herbe réalisa soudain que son interlocuteur s'était tu. Il s'agissait d'embrayer, de rester encore un moment dans le rôle de Bernard Clément. C'est alors que le comédien amateur fût prit d'une sueur froide: il avait oublié le timbre de voix employé quelques secondes plus tôt pour jouer le conservateur. Deux ou trois secondes qui lui parurent une éternité avant de se lancer.


- C'est remarquable. Vous jouissez, monsieur Libert, de cette assurance que dis-je de cette hargne dont trop peu de candidats témoignent. Chapeau bas, vous m'avez conquis.

Bernard Clément mima un salut d'antan, relevant son chapeau invisible. S'il n'était pas tout à fait certain de la voix, la gestuelle était intacte.

Randir, prêt à mettre son plan à exécution se sentit pousser des ailes, et s'il pouvait aller encore plus loin? Mais pour cela il lui fallait des informations complémentaires.


- Rappelez-moi, vous avez le permis de conduire? Aussi, vos vaccins sont t'ils à jour?
 
 
Séverin Libert

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Jeu 7 Avr - 20:24

C’était bon, je me lâchais. Je me faisais presque plaisir à m’écouter parler. Pour un peu, je me serais engagé moi-même. Ouais, j’étais plutôt fier de moi, finalement. J’observais maintenant le recruteur en attendant qu’il envoie les habituelles questions qui ne manquaient jamais, d’autant plus que j’avais à peu rien dit sur moi, réellement. J’attendais donc. Ca me permis de repenser à sa précision sur son nom, et bien quoi ? J’avais bien un ami black qui s’appelait Pierre-Antoine et un autre aussi chinois que possible que ses parents avaient appelé Nelson. Alors Bernard je-ne-savais-déjà-plus-comment, pourquoi pas… Il était complexé peut-être ? Fallait que je me gaffe, les complexés fallait pas trop leur en envoyer plein les mirettes. C’était vite jaloux. Enfin il se secoua et revint à la réalité, ce qui pouvait être aussi positif que négatif. Peut-être que j’avais trop parlé, ou alors il avait pris sa décision sans même m’écouter. Il avait l’air pas forcément très à l’aise, après tout. Mais je me faisais peut-être des idées, parce-que l’impression ne dura pas.

On peut dire ce qu’on veut, mais j’avais beau être un type zen, je ne m’attendais pas vraiment à ça… Qu’on me demande mon permis passe encore mais, les vaccins.. ? Comment ça, si mes vaccins étaient à jour ? Un sacré doute me tomba dessus. Est-ce qu’il ne serait pas en train de me confondre avec un autre pour un autre poste ? A l’étranger peut-être.. ? Je venais postuler pour un remplacement aux documents ou aux archives, j’étais sensé travailler dans ces bâtiments ici… non ? Qu’est-ce que j’allais faire ? Le détromper vite fait ou jouer le jeu… J’hésitais quelques secondes, tardant à lui répondre. J’imagine que tout bon comédien que je sache être, si je laissais trop de temps ça allait paraître louche. Je me mis donc dans le rôle du gars qui sait parfaitement de quoi on parle, sourire assuré et voix posée. J’espérais qu’il n’y verrait que du feu.


- Je vous rappelle que je suis revenu il y a quelques mois d’un séjour à l’étranger, bien sûr que mes vaccins sont à jour. Pour le permis par contre je suis désolé mais je ne l’ai jamais passé. Vous comprenez, en ville, c’est pas vraiment utile. D’ailleurs, on peut quasiment tout faire sans le permis maintenant, avec les transports modernes. Testez-moi !

J’étais vraiment curieux de voir dans quoi je venais de m’engager. Si ça allait trop loin, au pire, il était toujours temps de prétexter l’incompréhension. Après tout, c’était tout à fait possible… c’était même complétement vrai !
 
 
Randir Singh

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Ven 8 Avr - 13:40

*Zut, il m'aurait été plus utile avec le permis. Quoique est-ce que je l'aurais supporté 24/24, pas sûr...*

- Vous n'avez pas le permis donc.

Randir joua la déception, cherchant à déstabiliser le candidat. Il caressa sa moustache de l'index et du pouce de sa main droite, l'air pensif, laissant planer le doute quant à ce détail crucial qui pourrait mettre à mal son choix pour le jeune homme.

- Hum, écoutez cela vous fera un point commun avec votre chef, monsieur Singh!


La mine inquiète laissa place au même sourire éclatant savamment composé pour le rôle.
Cette information était vraie, Randir lui même n'avait pas le permis, n'ayant jamais eu l'envie d'affronter les embouteillages marseillais, cela ne l'avait jamais véritablement gêné. Encore moins quand il était avec Emilie, qui malgré une conduite sudiste, l'avait amené un peu partout sans dommage quand il en avait besoin.


- Vos vaccins sont à jour et c'est bien là le plus important. Car je me doute que vous ne vous attendiez pas à cela mais j'aimerais vous proposer une mission de 3 mois à l'étranger. Où ça? Au pays des Maharadjas! Qu'en dites-vous? L'Inde, ses épices, ses couleurs, sa musique... et ses bouses de vaches!

Un rire bruyant, suivi d'un air faussement sérieux.

- Votre fougue me réjouit. Pour tout vous dire, elle me rassure. Monsieur Singh est d'un sérieux... ennuyant! Un type brillant, mais ennuyant, voilà c'est dit, mais ça ne sortira pas de cette pièce, n'est-ce pas?


Un clin d’œil complice.

- Figurez vous que ce chercheur, qui est ici responsable des tournages, me tanne depuis quelques temps pour aller faire un tour dans le nord du pays afin d'étudier l'architecture Jaïn. Je lui ai bien rétorqué qu'il n'était pas Tarzan...

Un temps afin d’apprécier la réaction du candidat à la blague de la marionnette animée.

- ... eh bien figurez vous que cela ne l'a pas amusé du tout. Bref, il ne le sait pas mais j'ai décidé de l'envoyer en Inde dès demain. Il ignore encore également qu'il va avoir la chance d'emmener avec lui un jeune assistant brillant qui saura j'en suis sûr l'assister dans ses tâches.

Une pause, l’œil pétillant.

- Néanmoins je me dois de vous mettre à l'épreuve monsieur Libert. Voyez cela comme une période d'essai très courte. Vous le découvrirez je l'espère mais l'Inde demande une certaine adaptabilité, il vous faudra être débrouillard pour vous y faire, 3 mois ce n'est pas rien. Et travailler avec Singh ce n'est pas de la tarte! Il s'agira pour vous de me montrer aujourd'hui que vous êtes de taille.

Bernard Clément, en plein show oratoire, ne laissait pas son interlocuteur en placer une. Les quelques mots qu'avait entendu Randir sortant de la bouche de Séverin l'incitaient à jouer ses cartes de cette manière. Le candidat, imbu de sa personne n'avait pas l'air idiot, loin de là. Quand bien même le jeune n'avait aucune envie d'aller en Inde, il fallait parvenir à lui mettre une pression telle qu'il relèverait le défi, ne serait-ce que par orgueil.

Soudain Mr Clément se mit à frapper avec l'ongle de son index un rythme bien reconnaissable à même le bureau. Celui du thème de mission impossible.

- Mr Libert, votre mission si vous l'acceptez sera de descendre au bureau des ressources humaines afin que nos spécialistes rédigent votre contrat. Cela est la partie simple de l'opération, il vous suffit de dire que vous venez du bureau 106 et que vous avez eu un entretien avec Bernard Clément. Ensuite écoutez bien, cela se complique. Vous devrez user de vos charmes afin de convaincre l'un des agents de commander deux billets d'avion pour New Delhi à la première heure demain matin. A moins que vous décidiez de procéder autrement, sachez que des budgets sont parfois alloués aux responsables pour des projets au sein du musée. Mais là encore seul votre pouvoir de persuasion permettra d'être en possession de la somme à temps. Les billets devront être envoyés sous format électronique à l'adresse de l'agent Randir Singh avant 18 heures. Si vous réussissez, vous rejoindrez Singh alias 013, à l'aéroport de Roissy, une heure trente avant l'heure de décollage. Prenez avec vous un dictaphone. Je vous conseille le lin, les manches longues ainsi qu'un anti-moustique peu odorant, Singh ne le supporterait pas.

Randir arrêta de frapper le rythme qui n'était plus du tout reconnaissable dès le moment où il s'était mis à parler. Il posa ses deux mains sur le bureau, et pencha tout son buste vers Séverin.

- Cela est inespérée pour un candidat certes diplômé et au bagou incontestable, mais sans grande expérience dans la vie professionnelle. Cette proposition s'autodétruira sans réponse de votre part dans les 5 secondes ou vous devrez répondre par "J'accepte" ou "Je décline". Cinq! Quatre...

Randir était à bout de force, il ne voulait pas en entendre davantage de ce personnage qu'il avait bâti aux antipodes de sa propre personnalité. Il s'était beaucoup amusé mais son engouement laissa place à un état dépressif qu'il parvenait à dissimuler, toutes dents apparentes, sans savoir pour combien de temps. Il voulait quitter ce bureau expressément, s’allonger sur le divan de fonction magnifique qu'il perdrait dans quelques heures. Puis il se préparerait un Tchai Masala et profiterait de la vue sur les arènes. Ensuite, il attraperait son téléphone et appellerait Emilie. Ils riraient ensemble de tout ça. Le moral remonté, il préparerait ses bagages. Il avait suffisamment d'argent de côté pour financer ses recherches, au moins une première partie. Dommage pour cette sortie du Louvre qui ne ferait pas rire tous les futurs recruteurs...
 
 
Séverin Libert

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Lun 11 Avr - 21:50

Ok. J’avais failli y croire. J’avais presque eu peur quand il avait relevé mon manque d’indépendance à cause du permis de conduire, mais là, cette fois c’était sûr. C’était pas une erreur de candidat, c’était une caméra caché ou quelque chose dans ce genre, c’était pas possible autrement ! Où est-ce qu’ils les avaient cachés, d’ailleurs ? Avec la miniaturisation, ça pouvait être partout. Depuis le début, j’aurais dû m’en douter ! C’était vraiment trop bizarre. Déjà le type qui clamse dans son appart le soir où j’arrive, ensuite le flic qui se conduit pas du tout en flic, et maintenant ça… Je dû me retenir fortement pour ne pas exploser de rire, je devais avoir un sourire étrange, le mec devait pas tout comprendre. Je me demandais qui avait bien pu m’inscrire à une connerie pareille. Daniel ? Jordan ? Oh ouais, Jordan, ça c’était bien un des trucs dont il était capable. Il allait falloir que je lui fasse sonner les cloches quand je rentrerais.

En attendant, tout ça me faisait tellement pisser de rire que j’allais sûrement pas dévoiler que j’avais pigé et faire la jolie scène du « Bon, maintenant ça suffit, montrez-moi les caméras qu’on en finisse ». Non non ! J’allais y aller franco, jusqu’au bout ! Pas question que je leur fasse ce plaisir. Ils voulaient me piéger ? J’allais leur retourner ça en pleine figure, les potes, vous êtes pas assez malins pour moi ! Et puis, fallait avouer que c’était chiadé comme truc, merci les détails, et les moyens devaient être conséquent. La télé, le Louvre, quoi… Le type y allait maintenant de son couplet à la « Mission Impossible ». Il y croyait à fond, et moi j’en pouvais plus. Ca allait être difficile de rester sérieux pour la suite. J’attendis patiemment qu’il arrive à « Un ! » histoire de le faire mousser pour répondre d’une manière plus enthousiaste que voulu.


- J’accepte, bien sûr ! Comment passer à côté d’une telle opportunité !? Alors, il est où ce bureau des RH ?

Même pour moi, ça paraissait presque trop surjoué pour paraître crédible, mais tant pis ! Comme disait l’autre « Alea jacta est ».
 
 
Randir Singh

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Jeu 9 Juin - 16:19

*Allez! Allez!"

- Trois.

*Tout ce cirque pour rien?*

- Deux.

*Vas-tu répondre à la fin?!*

- Un.

- J’accepte, bien sûr ! Comment passer à côté d’une telle opportunité !? Alors, il est où ce bureau des RH ?

*Ouf...*

Maintenant il lui tardait que le jeune quitte la pièce.

- Parfait! Vous m'avez bien eu, quel suspens intenable... digne d'un thriller Coréen. Mais assez blablaté!

Il se leva et se dirigea vers la porte.

- Le bureau des ressources humaines est à l'étage du dessus, vous montez puis vous prenez à gauche ensuite à droite, encore à droite et la cinquième porte à gauche. Sinon, vous n'aurez qu'à suivre les panneaux. Thik hai?

Il ouvrit la porte et désigna le couloir à Séverin.
 
 
Séverin Libert

Séverin Libert


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Mar 21 Juin - 21:36

Mon vis-à-vis paraissait tendu comme une corde de string. A peine ma réponse eût-elle franchi mes lèvres qu'il parût irradier d'une sorte de bête contentement. Je le savais ! Il ne pouvait pas croire que quelqu'un allait jouer le jeu. Dommage mon grand, t'as pas fini avec moi. Il étais content de lui. J'étais content de moi. C'était cool. Par contre sa remarque sur les thriller coréen... Ils sont nuls, les thrillers coréens. Il avait des références pourries, mais ça collait au personnage. Heureusement, sa référence autant pourrie qu'elle soit mit fin à mon irrépressible envie de piquer un fou rire.

Il se leva prestement, presque trop brusquement car je parvins à être surpris, et me fît clairement comprendre que l'entretien était terminé. Il semblait soudain pressé de me voir débarrasser le plancher. Je me levais, récupérais mon sac en me baissant tout en le suivant et manquait de peu me prendre les pieds dans ceux de la chaise. Trop de précipitation... Je pris le temps d'ajuster la lanière de mon sac sur l'épaule, souffler deux secondes et me refaire une contenance, puis je le rejoins devant la sortie. Avec tout ça, j'avais à peine eu le temps d'écouter ce qu'il me disait.


- Je devrais trouver sans peine, ne vous en faites pas ! Merci de votre temps et soyez en sûr, je ne faillirai pas !


J'étais pleinement confiant en moi et j'étais sûr que ça se voyait.  J'étais remonté à bloc. Ca allait être une journée intéressante. Je tendis la main vers M. Clément, attendis qu'il me la serre (ou pas) puis passait le seuil, regardait à droite, puis à gauche, juste histoire de me repérer à nouveau, et sans plus d'hésitation repris le chemin par lequel j'étais arrivé, trouvais un escalier, le montais, puis m'arrêtais sur le palier, me sentant un brin bête.


*Bon. Il avait dit par où ensuite...? Bon dieu ce type m'a complétement embrouillé avec ses explications...*

Je pris à droite, parce qu''il me semblait qu'il avait dit à droite, puis passait dix bonnes minutes à me perdre dans les couloirs avant de trouver une plaquette indicatrice.
 
 
Randir Singh

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Dim 26 Juin - 8:47

A peine les semelles de Séverin avaient franchies la réglette séparant le bureau 106 du couloir que Randir referma la porte sur laquelle il reposa son dos et sa tête. Il aurait peut être dû camper son rôle encore quelques secondes, garder ce sourire idiot, ces grands gestes qui auraient guidé la nouvelle recrue jusqu'à qu'elle soit sortie de son champ de vision, mais cela était tout simplement au-dessus de ses forces.

*Imposteur...*

Course au tourments: top départ! La culpabilité vient de dépasser la honte. Et là derrière le regret qui fait une remontée fulgurante! C'est Incroyable! Le voilà en tête, talonné par le remord dans un duel acharné. Quel spectacle! Il fallait en rire. Après tout il venait peut être de s'offrir un billet pour sa terre natale aux frais de la princesse. Il devait en rire.

Plus tard peut être, pour le moment le fourbe n'assume pas.

Randir se rappela subitement de la lettre reçue quelques minutes plus tôt. Il refréna l'envie de la sortir de sa poche pour en déchirer l'enveloppe et dévorer son contenu mais se ravisa.

Mera mahal me.
 
 
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